Anatomie – les sens en éveil –

Londres seule … Le pied !

Une mère sans enfant et libre, c’est le pied ! Diriez-vous …

Oui, enfin, il faudrait plutôt écrire : « je me suis fais les pieds » fin juin.

Piccadily-South Kensington via Green Park et Harrods.

   Ils n’ont pas l’air de bosser les anglais !

Certes pas de détour mais 45 bonnes minutes de marche. Soit un retour en arrière de 11 ans dans mes souvenirs, où j’avais parcouru Londres sans prendre de métro ! Chouette ballade ensoleillée mais c’était pas à côté. Heureusement qu’il faisait beau. Métro en panne + pluie = mauvaise combinaison. Cela ne m’aurait pas trop enchanté. Avoir le nez dans les aisselles des londoniens, à 10h30, tellement la ligne Victoria Lane était packed, aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Ligne fermée, rame bondée; c’est décidé je sors du réseau et je ne prends PAS les bus.

  • Pas de carte ni de plan de Londres sur moi. Ben non, ils sont mieux au chaud au fond d’un tiroir à la maison.
  • Pas de GPS. Ben non, je fonctionne sans smartphone, pire qu’une grand-mère.
  • Pas de bus 14. Ben non, bouchon continu entre Pic et S.K.

Bon, ce n’est pas grave : il me reste mon sens de l’orientation, ma mémoire et mon appareil photo tout cabossé prêt à être dégainé. Ils ne m’ont pas fait défaut ! Le doigt alerte. L’allure sûre. Objectif : rejoindre le consulat d’un bon pas pour être à l’heure au RDV et ne pas poser de lapin à la copine. Le nez en l’air, l’œil aux aguets, les cheveux au vent (enfin presque avec cette petite brise anglaise, c’est comme du vent), le pied léger (c’est encore le matin). Voilà de quoi me mettre de bonne humeur. En ajoutant à ce fameux cocktail un grand ciel bleu, un doux soleil et une chanson aux lèvres … Me voilà fredonnant. Oui, j’étais bien à Londres, ville souvent sale qui me désenchante fréquemment. Notamment par sa densité de population, le temps perdu dans les transports (et tout et tout et tout). Mais là : pas de gosses à traîner, à surveiller, à porter ou à nourrir. Alors cette ballade m’a mise en jambes et ouvert l’appétit. Plus je me rapprochais de S.Kensington plus mon estomac français se réveillait. Et que de tentations culinaires sur le trajet avec les salons de thé, les boulangeries et pâtisseries italiennes et françaises (entre autres). Je ne savais plus où donner de la tête et la bouche salivait. Ce sont les prix qui m’ont ramenaient à la raison et j’ai gardé mes mains dans les poches. Ils sont fous ces londoniens des quartiers chics … quoique ça doit être équivalent à Paris !

En route je passe devant Bomber Command Memorial et Wellington Arch, à ne pas confondre avec Marble Arch, de l’autre côté de Hype Park ! Et pile là : la garde montée sans l’avoir cherchée alors tourist attitude obligée : je mitraille. Ils passent, sans même broncher. Tous au pas. Casques brillants. Crins et robes soyeux. Clip clop et click click … bruyants. Que l’on aime les chevaux ou pas : c’est quand même impressionnant et puis ça sent ! 

En chemin, je tombe sur une « vraie » pharmacie française avec en vitrine une tour d’Homéoplasmine (pommade à tout guérir) et toute la gamme des produits Avène. La peau des petits Deleuze est désormais habituée à Cicalphate, Saforelle et au beaume Déesse … et je n’ai pas l’intention de les utiliser comme cobayes pour tester les produits anglais. En dehors de ce quatuor : pas de cicatrisation ni de soin chez nous ! « Chouette » me dis-je … « Maintenant, je saurai où me fournir! » Sauf que cette pensée m’a traversée l’esprit AVANT de tenir en main l’objet du désir et de découvrir son prix : le petit flacon à 17pounds 60 SVP. Le simple fait de l’acheter soigne la sécheresse sur une joue, une zone d’eczéma dans le pli du coude ou les boutons de chaleur (oui, vous avez bien lu : il fait chaud ici aussi).

Après avoir traversé ce quartier chic choc et avoir vu une bonne dizaine de panneaux dans le genre (par ici pour les curieux), être passée devant des rues qui portent des noms qui sonnent comme le chant des cigales et faute de n’avoir pas pu baver devant les vitrines chez Harrods (soldes = pas de belles vitrines) …

Harrods et pas Harrolds comme répétait sans fin une française devant moi. Et oui, les français de Londres pensent être seuls à parler français et ça donne des situations bien marrante. Vous connaissez Paul  Taylor ? Certes, il est vulgaire mais il n’a pas trop tord …. surtout dans cette vidéo …

 

Bon, 15 minutes après être passée devant Ferrari, je me retrouve à faire le pied de grue devant le numéro 21 … Mon préféré ! Sous les drapeaux familiers. Entre temps, j’ai retrouvé une copine, Laurene, prof de fle, elle aussi. Alors ça papote dur entre mamans-collègues.  On oublie presque que tout le monde nous comprends et on tombe dans le piège des français de Londres qui « adorent critiquer les autres français »; la langue bien pendue les filles du Sud ! La fouille au corps exécutée, le tour de rein évité dans les chaises de la salle d’attente et le sourire aux lèvres une fois le passeport récupéré… direction RAVITAILLEMENT chez le petit libanais du coin, ça gargouille dans les estomacs. Il fait beau sur la terrasse du resto, douce caresse du soleil sur la peau, thé à la menthe et à la rose au fond du gosier = agréable assemblage qui fait penser à un semblant de vacances. Il nous manque la chaise longue pour allonger les jambes  et faire dégonfler nos chevilles de fausses routardes.

Pour une fois, je suis contente d’être à Londres seule. Et cette fois, je compte bien essayer d’en profiter à fond. Alors, quand bien même les trajets prennent du temps sur une virée à la capitale, je décide de me changer les idées et de découvrir « V&A ». « V&A » c’est le surnom connu de tous  du musée Victoria and Albert (couple royal mythique).  Je m’y suis rendue sans même me renseigner, je ne savais même pas qu’il s’agissait d’un musée d’art ! 100% naïve et 100% prête à être surprise. Meilleure disposition pour découvrir que de n’avoir aucune attente.

 Le musée est si vaste.

Il s’étend sur trois étages et plusieurs bâtiments.

Le plan coûte 1 pound, la photo suffira !

En moins de deux heures, je n’ai en vu qu’un tiers grosso modo.

Le lieux est immense, pas toujours climatisé alors en cette chaude journée, je cherche les couloirs peu fréquentés.

Ce musée d’art abrite en ce moment deux expositions temporelles (celle-ci et celle-là). Faire les deux : ça fait mal au porte-monnaie et brûle les doigts mais j’aurais dû me laisser tenter par le défilé de mode à 12 pounds … Je me contente du plaisir des yeux… sans trop lire les commentaires. Et pour un aperçu de l’expo sons et lumières des Pink Floyd, ma visite se limite au magasin des souvenirs !

 

Au milieu du musée : une magnifique cours intérieur. Où un bassin est baigné de soleil  ! Les yeux sont éblouis par tant de lumière après la pénombre de certains couloirs. Là, on est comme coupé du monde, aucun bruit ni tumulte de la ville ne parvient aux oreilles. Repos de l’âme et du corps. Dans le bassin, les enfants pataugent malgré les règles  claires. Entre hortensias en plein floraison et les senteurs de tilleuls et pétunias, les gouttes d’eau qui perlent sur la peau des enfants : on est DANS un tableau impressionniste. On y est là ! Monet n’est pas mort …

Mes orteils me portent toujours alors je découvre l’art dans toutes ses formes. Parfois dérangeante comme ce tableau qui fait un peu trop penser à l’actualité …

 

L’Europe est à deux pas (… ou bien on y est encore …) en tous les cas, lors d’une prochaine visite : il faudra découvrir cette aile : l’art des autres pays à commencer par les voisins !

  

La prochaine expédition à Londres, c’est pour bientôt car ma carte d’identité égarée … une « bonne excuse » pour se refaire le portrait et une nouvelle escapade se profile à l’horizon ! Seule ou accompagnée ? Stay Tuned !

 

 

 

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