Pourquoi les anglais ne rincent pas leur vaisselle ? *

 Ou tous ces petits trucs qui agacent …

Quand la joie de découvrir s’émousse. Quand l’exotique de certains est notre quotidien. Quand la phase d’adaptation transforme la nouveauté en normalité. Quand on ne peut plus utiliser les excuses du genre : « Oh, désolée. Je ne savais pas… » ou « Zut, ça fait pas longtemps que l’on est là / que l’on a déménagé / que l’on vit ici … » ou « Je ne parle pas anglais. »

Amis des 4 coins de la planètes, vous comprenez ce que l’on ressent, là,  non ?

Depuis que nous sommes mariés, nous ne sommes pas (encore) restés plus de deux ans et demi au même endroit … On se rapproche de cette période charnière ! Après cette période précieuse (je  eux dire la découverte adaptation où tout est nouveau=tout est beau), là on en touche la fin. Quelle attitude adopter après cela ? Il reste la résignation ou l’acceptation mais on est français. Qu’on le veuille ou non. Assumons juste que (parfois) on ait envie de râler. Et si je passais une semaine, voire même un mois où je me rebellerai un peu contre :

  • cette pharmacienne qui s’en fiche royalement de ses clients-patients ou de cette autre qui leur parle comme si elle allait les mordre. (Ben, non, on a juste besoin d’aide, là).
  • ces enfants-rois qu’il ne faudrait pas trop bousculer, ni remettre à leur place, laisser doubler sans lever les sourcils et avec le sourire et les laisser se bourrer de sucre / excitation en vue… C’est c’la, oui ! Et puis quoi encore !
  • ces parkings payants et ces attractions pour gosses (souvent) trop chères pour avoir du fun. Enfin du « fun » différent qu’un chemin de forêt ou un tour de lac, quoi.
  • cette mère qui, parce qu’elle entend que je parle à ma marmaille en français, pense que je ne comprends pas vraiment l’anglais et me toise pour lancer une pique détournée. (Celle-là j’ai envie de lui dire : « Rentre chez toi et commence par ouvrir un livre pour apprendre autre chose ! »).
  • cette malbouffe qui règne en maître, même dans les activités de l’église. (Et oui, le lieu n’est pas une garantie de perfection. Dommage, n’est ce pas ?).
  • ce « tout en ligne » incessant qui éloigne les uns des autres. Mais est-ce spécifiquement anglais ? Alors je choisi le vieux portable PAS smart et PAS de connection aux chaînes TV. Avec les moyens du bord, on peut rester terre à terre et pas forcément être ringards, enfin, il me semble.
  • ces déchets qui débordent trop souvent et qui bordent les autoroutes, jonchent parcs et volent jusqu’à ce coincer dans notre chemin secret les jours de grands vents.
  • ET cette réplique « I love your accent« .

Alors là, cette phrase : il y a des jours où je n’en peux plus. Mais punaise, ça fait  deux ans et demi que j’essaie d’améliorer mon fichu accent de frenchie. Je ne peux pas changer qui je suis… Et franchement utiliser cette expression peut vouloir dire tant de choses :

  • « j’aime vraiment l’accent français »
  • « je voudrais te faire remarquer que j’ai remarqué que tu n’es pas d’ici / pas anglaise / pas très à l’aise / différente… ou que sais-je encore … ( à compléter à souhait) »
  • « je voudrais détourner ton attention au moment où tu recadres tes gosses »
  • « j’essaie d’être polie … mais en fait, non ! »
  • « je tente de te faire comprendre que tu n’es pas toujours très compréhensible »
  • « je voudrais te parler de mes dernières vacances sur la Côte d’Azur et si on abordait le thème du Sud de la France / le rosé frais / la plage / le thermomètre … ?  LE cliché.

NON NON NON NON NON et NON.

C’est trucs-là ne sont pas drôles mais ils font aussi partie du paysage quotidien. De notre paysage. Et puis cette fameuse période, et bien elle est dépassée. Et Voilà ça arrive ! On ne remarque plus les boîtes aux lettres rouges. On sait de quel côté regarder sans réfléchir (écrit celle qui roulait à droite ce matin encore). On reconnait les pièces de monnaie sans chercher la valeur dessus. On aime le « contactless » des cartes. On regarde les films sans sous-titres (et on loupe des blagues). On comprend tout à la radio, même les pubs et les chansons des années 90 sur lesquelles on faisait du yaourt jusqu’à présent. On mélange les langues, les expressions et les mauvaises traductions et on s’en amuse. Mais il faut avouer que nous ne vivons pas au paradis, juste dans un pays que nous apprécions avec ses défauts.

* Apparemment, le liquide vaisselle ne servirait pas à laver les couverts et ustensiles mais serait pour nettoyer l’éponge  … (weird) #c’estuneautreculture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *