Le jour où j’ai voulu voir le prince

Ce matin-là … était différent ! La veille au soir, l’époux avait lâché « comme ça l’air de rien » et un peu en code …. « Au fait, Glad, tu sais que William vient ici ? » Enfin, le code, pas trop encodé mais discret (le but étant de ne pas prononcer le mot « prince » pour ne pas éveiller la curiosité de damoiselle Abi) a fait son effet. Direct j’ai réagi : « Quoi ? C’est pas vrai ! » LE fils de LadyDi allait venir ! ? » Et en plus DANS notre ville. Ben oui, notre ville a quand même 50 ans cette année, ce n’est pas rien et toutes les raisons sont bonnes pour faire bouger les altesses royales. Alors, hop hop hop : un petit tour sur le net ! Mais oui : c’est vrai.

Donc comment gérer : mon rêve de petite fille + le rush de l’école + le nombre de place limitées distribuées dès 7 heures du matin + les siestes du minus + mes préparations de cours, d’étude biblique sans négliger lessives, ménage et repas SW : gros dilemme là. A 8h30 : la maison était « prête » et les enfants sur le pied de guerre pour partir en classe. Soit un peu trop tôt. Tout expédié. Prête à, dès le retour à la maison, jeter la poussette dans le coffre et le fiston dans son siège, foncer au centre ville pour me « balader ». C’était sans compter sur ma copine-voisine-fandelafamilleroyale. Elle sait tout sur tout les concernant. En gros : pas la peine d’essayer. Les vrais fans y ont campé la veille au soir, le prince ne pointera son nez (ou plutôt son crâne) only in early afternoon ….. Et flûte. Mais ça veut dire quoi « en début d’après-midi » ? Bonne question.

 

Alors, changement de programme : Expédier le petit au lit, de suite ! Se focaliser sur ma préparation de Psaume 23, de mon 1er cours pour l’Adult Continuuing Education et ma lessive-couleur. Préparer une salade à fourrer dans un totebag avec un purée bébé et un ou deux bib. J’en connais un qui ne sera pas ravi. Et prendre la route sur le coup des midi moins le quart. Poussette chargée : check ! Soleil qui sort des nuages : check ! Lessive étendue : check ! Il manque le fils …  Alors, ça va le faire … ? Let’s hit the road Jack … routes qui sont d’ailleurs quasi-vides. Je me dis  :  » Tout le monde est à Campbell, il va y avoir une foule énorme. Autant me garer loin et marcher…

 

Donc, Tris et moi, on se garde bien bien loin du lieu pour « éviter le foule ». Il faut tout prévoir (au cas où la pluie voudrait passer par là = poussette ultra sur chargée).  Je prends l’excuse de ma ballade du mardi pour me rapprocher de « The Rose » en tenue de sport  noire passe-partout. On prend de jolis chemins aux couleurs de ma saison préférée à MK ; l’été indien anglais.

Le parc de Campbell est magnifique revêtu de ses couleurs chaudes. Je m’attends à chaque instant à des clameurs, des odeurs de friture, des hommes armés … Mais c’est le calme. Les écureuils, les oiseaux, le vent, les nuages et le calme plat.

ET puis, surgit de derrière la colline et les agents de sécurité / grues / voitures de police (ici on ne rigole pas avec eux alors pas de photo) et là, il faut chercher à entrer en lieu ultra sécurisé. Alors on fait le grand tour, c’est pas grave … il fait beau.

 

Et sur place : grosse surprise : déguin (comme disait les orangeois). Personne de chez nadie ! Une fois la sécu, la fouille de sac et le bracelet passés : on entre dans la rose (sculpture moderne où chaque poteau représente une date importante). Une poignée de retraitée, deux poignées de mères au foyer (dont je fais partie) : à tout casser : 400 personnes sans compter journalistes, VIP et ceux qui assurent le « show ». A oui, parce qu’on a eu du spectacle ! Du « grand spectacle ». Que dale oui !

J’ai eu droit, à la danse moderne, version ARTE-France 5 entre les pubs : chelou, à la danse comme « aux temps géorgiens » car à 10 km de MK il y a Olney, joli village où se trouve un musée et où John Newton a écrit Amazing Grace. Oui, le vrai cantique que tous les américains chantent aux enterrements ! D’ailleurs on a eu droit à une bimbette (bimbo en petit format) qui croyait chanter magnifiquement ce chant c’était sans compter que lorsque l’on n’est pas convaincu du sens des paroles et bien : ça sonne faux ! C’est la starlette au milieu du groupe … qui se croyait importante car elle aurait enregistré un album de comptines et berceuses pour les enfants de William et Kate (excusez-moi du peu).

 

Puis, on a attendu, attendu, attendu … avec la course des crêpières (j’ai pas pigé), des représentants de Bletchley Park, un guitariste un peu tendu, des discours et des chants en l’honneur de notre ville. Et vers midi et demi les VIP (qui ont l’air normaux juste en mieux habillés) ont rejoint la foule de badauds. Un biberon, que dis-je, DEUX ! Une poire. X biscuits avaient déjà été écoulés … et l’impatience se faisait sentir. Surtout pour mes voisins qui étaient là depuis 7h du mat. Il y en a franchement : parfois … on se demande qu’elle est leur vie ! Par contre l’autre mamie dont le fiston était à la sécu, bien sympatoche. Encore une qui voudrait vivre en France mais ne parle pas français. Une future étudiante alors peut-être.

Et puis : il est arrivé. « Il ». Tout le monde savait qui c’était, pas besoin de présenter un des crânes les plus connus du pays.

 

Accolé par une conseillère du Sénat qui ne s’arrêtait pas de tout commenter (genre pour lui éviter de commettre une boulette) et par les gardes du corps qui ont l’air un peu (trop) sympas ou alors c’est juste une impression. William a pris le temps de saluer chaque intervenant : les danseurs, les artistes qui peignent avec la bouche et le pieds, il s’est agenouillé auprès d’un groupe d’enfant, à écouter tout le monde … en souriant et la tête sur le côté comme sa mère, étrange.

 

 J’en connais un qui aurait bien voulu aller le rejoindre.

D’ailleurs, le petit Deleuze ne tenait plus en place, au moment des discours et de dévoiler le nouveau poteau inauguré : il a fallu partir pour éviter cris et râleries. On reviendra se promener par là à l’occasion.

Conclusion de la matinée :

Après tout, ce prince, ce duc, cet altesse royale … c’est juste un homme comme les autres. Certes « beau ». En tout les cas il a de l’allure. Grand. Il semble gentil mais ce n’est quand même pas Dieu. Ma vie ne va pas changer pour autant. Enfin, j’ai quand même pu traverser le carré VIP car les mecs de la sécu et ben, ce sont des pères de familles super gentils et ils m’ont simplifier la tâche.

Allez Ciao  les people et les afficinados de la TV ! Nous on a une vraie vie à vivre, des rayons du soleil dont on veut profiter, des rires à échanger, des chatouilles à se faire, des repas à faire mijoter, des paysages à admirer, des cours à donner et des bricolages à fabriquer …

Elle est pas belle la vie ?

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