1 sur 5

School holidays are not just a break from the classroom.

For many, they are also a break from hot meals.

« 1 in 5 », c’est le moto de l’association Make Lunch que nous venons de découvrir récemment…

 

Plantons d’abord le décor : dans le système scolaire anglais, les enfants ont droit à des repas de la cantine gratuits jusqu’à 7ans (la fin de l’équivalent du CE1). Comme TOUT LE MONDE reste à l’école pour manger car le temps de pause est trop court pour rentrer chez soi, c’est bien pratique (à condition de s’habituer au concept des menus anglais « éducatifs »). Ces repas gratuits sont offerts tout le long de la scolarité en fonction du revenu parental. Sont éligibles, ceux dont les parents ont un revenu annuel inférieur à 16000 £ par an (il me semble). Il est donc de bon ton que de croire que ces enfants bénéficient d’un « bon repas équilibré » quotidiennement, au moins 5 fois par semaine. Or pendant les vacances scolaires, que se passe-t-il pour eux ?

Justement, c’est là que Make Lunch entre en scène. Des âmes charitables se sont aussi posées la question et proposées une solution… Enfin, disons une idée afin de remédier à la faim de ces (pauvres) enfants. L’idée est super : offrir un repas chaud sur place (dans une école) le mardi, l’enfant repart avec une boîte de reste pour le soir et un sac de pique nique pour le lendemain, l’équipe se retrouve le jeudi et l’enfant repart avec la même chose. Du coup, même si l’enfant ne vient que le mardi ou le jeudi, il aura au moins 1 repas sur les 5 déjeuners. C’est la théorie bien pensante …

La trésorière de notre église ayant très à cœur ces familles-là, s’est engagée dans cette association. Fin février, elle a fait un exposé poignant lors des vacances précédentes et à fortement encourager les membres à la rejoindre ou à participer financièrement aux coûts. Sa punch line étant la citation d’une petite fille : « Je vais ma resservir car je n’ai rien eu depuis …  » Ce qui fait monter les larmes de toutes les mères de l’assemblée, mobilise tous les retraités actifs et parfois fait ouvrir le porte-monnaie. Ils sont forts les anglais avec les levées de fonds. (pointe d’ironie assumée)

Comme l’église soutient son oeuvre, il m’a semblé de bon ton d’y prendre part ET d’y impliquer nos enfants avec un objectif multiple :

  • leur montrer qu’ils peuvent aider à leur niveau
  • les voir actifs intelligemment et donner le goût du bénévolat
  • les sensibiliser à ce besoin spécifique et leur enseigner à être content de ce qu’ils ont
  • expliquer que la pauvreté peur se cacher
  • sortir nos enfants de la maison pendant nos vacances
  • avoir un repas gratuit, au passage, chez nous aussi ça fait du bien !

Restons (humbles) et surtout honnêtes. Je nous ai donc inscrit (les enfants et moi), j’ai suivi la formation youtube pour les règles d’hygiène, mes cinq sens étaient en alertes constantes pour essayer d’aider ET de surveiller mes 3 loupiots. Le bilan est bien mitigé. Je n’ai pas réussi à être 100% ravie de l’expérience. Culture française ? Education différente ? Arrogance ? Manque d’amour pour autrui ? Mauvaise motivation ? Je me questionne … sur le fond de ce sentiment partagé.

It’s Make lunch this week. Aren’t they fetching in the blue hair nets! Please pray for all those who will be coming and serving at this wonderful community lunch. #ONEINFIVE #makelunchmk

Ma fille a dit : « on dirait qu’ils ne sont pas pauvres. »

Sa réaction a été comme un électrochoc pour moi. Comment avait-elle senti cela ?

Au final, nous aurons certes servis 30 puis 100 repas, fait faire des activités manuelles, essayer d’établir le contact avec des familles, inviter aux activités de l’église MAIS on a aussi vu des familles dont les enfants sont gâtés (trop), qui arrivent avec un smartphone vissé à la main et des baskets flambantes neuves, des plateaux de nourriture gaspillée qui repart à la poubelle, et du chocolat offert en veux-tu en voilà (trop trop trop)… Une équipe contente mais sur les genoux. Est-ce que cela en vaut la peine ? La peine de celles qui ont cuisiné pendant deux heures et la peine de ceux qui ont fait la vaisselle aussi longtemps ?

Et si la solution était dans l’éducation des parents mais là, je me pose en juge … et j’oublie ceux et celles pour qui ces repas étaient vraiment vitaux, qui n’ont pas fait de bruit, pour qui c’est une montagne que de venir et oser dire : « j’ai besoin ». Dilemme de ceux et celles qui aident : recommencerons-nous … je veux croire que peut-être mes enfants y ont appris quelque chose.

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