tôle

Le véritable voyage consiste toujours en la confrontation d’un imaginaire à une réalité ; il se situe entre ces deux mondes … (La nuit de feu p.20)

La « vraie réalité »

Le voyage uk s’est peu à peu métamorphosé : c’est bel et bien un séjour longue durée. C’était si lent et si imperceptible que l’on ne s’en est pas rendu compte : uk c’est notre vraie vie maintenant. L’imaginaire est loin, quelque part en septembre 2014, période où nous avions découvert la ville de Milton Keynes un peu intimidés et les yeux plein de rêves. Et puis quatre ans plus tard la réalité est bien réelle et frappe de façon inattendue.

Nous ne sommes pas au pays des bisounours … ni dans une ville parfaite avec des citoyens au comportement exemplaire comme dans le projet utopique d’origine ! Entre autres : nos idées préconçues de la légendaire politesse anglaise ont volé en éclats.

Dimanche dernier, vers 16h, tout le monde est installé dans la voiture. Les jouets sont dans le coffre, le goûter dans le ventre… On démarre. En route vers notre nouveau parc préféré pour profiter des derniers jours de soleil. Même les parents sont bien décidés à jouer dans le bac à sable et à grimper sur les toboggans… Mais avant même de quitter notre quartier : PAF !

 La voiture est restée une heure dans cette position. A cheval sur une voie d’insertion… Et là : les anglais ont révélé leur vrai visage (du moins certains). Peu ont cherché à savoir si nous allions vraiment bien ! La femme qui conduisait derrière nous et qui nous a embouti l’arrière train était de si mauvaise foi : incroyable. Les badauds autour ne voulaient « pas faire de vagues » et n’aidaient pas beaucoup, la plupart ont passé leur chemin ! On se serait cru dans la parabole du bon Samaritain.

Certes n’est que de la tôle (la malle, la serrure et le pare-chocs) mais on a été un peu choqués et des excuses ainsi que la reconnaissance de son tord de la -dite conductrice auraient été les bienvenues. Au lieu de cela elle m’a accusée d’avoir marqué une seconde d’hésitation à un embranchement dangereux. Donc qu’elle n’y était pour rien si je ne sais pas conduire. Elle répétait sans cesse en criant que sa voiture n’avait rien, donc que ce n’était pas sa fauteAu cours de la semaine en discutant avec ma voisine, celle-ci m’a dit que le comportement à avoir ici est de toujours dire que « Ce n’est pas de ma faute » puis laisser les assurances se débrouiller.

Bien entendu on ne connaît pas encore toutes les us et coutumes. Surtout en matière d’assurance. Ce n’est pas un domaine où l’on cherche à exceller en général… Donc, ne sachant pas ce que devions faire, nous sommes restés sur place en attendant que la police vienne tirer tout cela au clair. Moi qui me faisait des films sur comment faire un constat alors que le ton n’était pas à l’amiable … j’ai appris qu’ici, on ne fait pas de constat. Tout est géré entre assurances via internet avec les photos prises sur le vif. Bien entendu ni Seb ni moi n’avions nos portable ou appareils photos ! Ben oui, on essaie de se déconnecter. C’est l’ambulancier qui était là qui nous a prêté le sien.

Les enfants vont bien. J’ai eu plusieurs seconde pendant lesquelles je n’ai pas pu réagir du tout : un noir complet … Puis,  la sidération : impossible de parler comme à des adultes … 4 bus ont dû faire demi-tour. Seb a exigé ambulance et police. Je crois qu’il a bien fait de faire durer le schmilblick car l’autre couple avait la trouille. Pour faire bonne figure, nous avions tous les torts à leurs yeux. Incroyable. Il paraît que la meilleure défense est l’attaque… Ils faisaient croire aux autres que je suis une mauvaise conductrice (que mon hésitation avait créer l’accident) que nous étions de mauvais parents (Abi n’était pas attachée et n’avait pas de fauteuil = ce qui était faux). Justement depuis deux semaines, je suis beaucoup plus prudente à cause du radar qui m’a flashée … mais c’est une autre histoire. Mi-août, j’ai pris conscience des limitations de vitesse et oui : les radars fonctionnent pour de vrai dans notre ville carrée.

Quand l’ambulance est arrivée, le gars nous a dit à demi-mots qu’il ne fallait pas être sorcier pour se rendre compte que ce n’était pas notre faute ! Au final, rien d’inquiétant : une immense peur. Je suis toujours un peu sidérée par la non-médiation des policiers… Quand ils sont arrivés, ils ont déplacé notre véhicule, d’autorité. Ils n’ont même pas vérifié les papiers des uns et des autres. On aurait dit que nous les embêtions un dimanche après midi ensoleillé, notre accrochage manquait de piment et d’adrénaline surement.

En tous les cas, on a tous  pigé l’importance des ceintures de sécurité (même pour les petits trajets). Même Tristan qui essaie sans cesse de se détacher, cette fois il était sage. Emeric avait un peu peur de reprendre la route le lendemain mais la crainte est désormais derrière… Abigaïl a été impressionnante dans les conclusions et enseignements qu’elle a tiré de cette aventure. Désormais l’affaire suit son cours entre assurances.

Désormais LE VOYAGE … ce sont les prochains, ceux où on imagine les contrées lointaines au Nord de l’Europe ou au Sud de l’Equateur car ici on est bel et bien dans la réalité terre à terre.

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