Conférence – style US

De ce côté de l’atlantique, ce style, ça ne passe pas toujours…

Vieille rivalité historique (peut-être). Chacun se croit supérieur à l’autre soit pour le style soit pour l’anglais soit pour toute autre raison… Bref quand c’est trop « parfait » ou expédié rapidement ou encore trop impersonnel, on entend « Ah, oui, c’était un peu américain, n’est ce pas ? » Sous entendu pas adapté au public local… la preuve la semaine dernière.

Une amie m’a invitée à me joindre à elle et une autre connaissance pour une soirée-conférence. Lieu : Oxford. Ce n’est pas si loin mais c’est quand même une vraie heure de route, dans la nuit noire (et oui, il fait nuit à 16h en ce moment) et au  moment-même où la circulation est la plus dense … Sur une route pas si large… Stressant. (Je ne comprends toujours pas pourquoi les accès à Oxford et Cambridge (Ouest et Est) ne sont pas mieux desservi vu la densité de circulation sur ces axes.) Autrement dit, je n’y serai probablement pas allée seule, mais à trois et véhiculée : plus d’excuses. Me voilà sur la route, en vadrouille entre nanas de 17h à 23h. De quoi me faire culpabiliser de laisser les enfants et Seb une soirée de plus. Je me fais une raison et me persuade que c’est pour la bonne cause.

Quel était le thème de la conférence ? « Raising Faith ». Conférenciers ? 2 orateurs + 1 chanteur de l’organisation « Care For the Family », basée au Pays de Galles. La même association caritative que celle avec laquelle Seb et moi avions suivi une formation il y a trois ans. Il s’agissait d’une série de soirées entre parents, organisées par des parents pour échanger entre parents sur des pratiques d’éducation. Le but était de se poser de « bonnes questions » et de s’échanger des bons tuyaux en tant que parents. L’intérêt principal n’avait pas été le support dvd (certes bien fait dans les illustrations) mais surtout les échanges qui s’ensuivaient, en toute confiance, sans jugement mais un brin trop courts par rapport aux présentations vidéos. Dans ces dvds, la femme m’avait un peu saoulée de « bon exemple » et de « bon sentiment ».  CFF s’inscrit pas mal dans la mouvance « éducation positive et bienveillante ». J’ai bien du mal avec ça. Pourtant, forte de cette première expérience, je me suis rendue à la conférence d’Oxford les yeux fermés et surtout sans rien lire ni à propos du thème ni à propos des conférenciers. Et là, surprise, c’est la même femme Katherine Hill accompagnée d’un collègue Andy Frost. J’aurais pu faire des recherches et trouver la brochure de pub (Raising-Faith-Tour-brochure-WEB2), j’aurais été moins surprise. En vrai ? Elle parle comme dans un dvd, c’est dingue ! Elle était là pour répéter son refrain qui est certes basique mais bon dans une assemblée de 200 personnes peut-être que certains avaient besoin de ce rappel. Son co-conférencier était plus concret et meilleur orateur.

Un exemple des principes de base de Kath.H, dans le fond, elle n’a pas tord mais ce n’est pas vrai pour tout le monde. La promesse était la suivante dès l’inscription et les premières minutes  :

Vous repartirez avec …

plus de confiance en vous pour éduquer votre enfant dans la foi.

des choses simples à mettre en place pour aider votre enfant à communiquer avec Dieu.

des astuces pour impliquer Dieu dans votre quotidien

des idées qui ne fonctionneront que pour votre famille.

… Comment dire ? C’était un peu pompeux comme promesses !

Bilan on a passé autant de temps à écouter quand être sollicités pour devenir partenaire financier de cette assos. Ah là, ils sont forts. Premières places au premier rang : des chocolats. Un sac par auditeur plein de brochures présentant les autres axes d’intervention de CfF (couple, mariage, deuil, fostering / parents d’accueil, special needs / élever un enfant différent) + un carnet de prise de notes. Des temps de « pauses » pour aller dans les stands partenaires ou à la librairie dépenser un peu plus … Bref, tous les moyens étaient bons pour sortir le porte monnaie.  Paradoxalement, trop (à mes yeux) d’argent gaspillé : des centaines de bouteilles d’eau en plastique, les goodies bags /carnet, stylo, mouchoirs…, les brochures de pub, un magazine gratuit par participant offert.

J’ai eu un sentiment d’écœurement de trop de dépenses. Le timing était hyper bien calculé et les speechs minutés… ponctualité irréprochable et AUCUNE interaction. C’est là que l’on touche à l’impersonnel. Les mamans avec qui j’étais venue ont ressenti la même chose : un peu « trop bien rodé » et du coup froid. Par contre les discussions qui ont suivi lors du trajet-retour étaient loin d’être légères et vraiment intéressantes.

Bilan plus positif, j’ai quand même pris des notes (beaucoup) et écouté même si ce n’est qu’à la fin, vers 22h que le contenu devenait pratique et utile (au moment où je pique du nez). Les astuces promises n’étaient pas transcendantales mais l’idée principale à retenir : devenir intentionnel dans nos relations, avec nos enfants mais cela est valable avec les autres aussi. Ne pas être dans l’attente mais dans l’action. Cela m’a plu et la mise en pratique à la maison n’est pas si évidente.

Rappelons que  la soirée avait comme angle de réflexion la transmission de la foi et comment encourager nos enfants sur ce chemin, sans forcer et en restant honnête. Même si les adultes n’ont pas toutes les réponses, un exemple est un excellent moyen d’apprentissage : quel poids de responsabilité maintenant !

Un élément qui m’a frappé était l’importance que jouent les traditions familiales. Ces moments auxquels on peut se raccrocher en commençant la phrase par : « Dans notre famille, toujours, on … / On a toujours … / On faisait toujours … » Ces éléments construisent notre identité familiale alors pourquoi ne pas ajouter Dieu au lot de ces souvenirs afin que les enfants s’y raccrochent quand ils en éprouvent le besoin.

 Les jours peuvent semblaient longs mais les années sont courtes.

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