Brexit 6 : incertitude quand tu nous tiens.

« Sans le Royaume-Uni, Airbus s’appellerait Bus »

Jour après jour j’essaie de faire le point car depuis au moins deux semaines, on ne parle presque que du Brexit, en tous les cas bien plus que de Noël alors que c’est bel et bien la période de l’Avent… La raison ? Mercredi soir dernier … « On Wednesday night, the prime minister has taken a big step forward on the path to taking the UK out of the EU without a giant political accident. » Hier :  » SNP accuses Jeremy Corbyn of being ‘the midwife of Brexit’.« 

En résumé : Mercredi, Mrs May prenait  des décisions au sein de son parti pendant que les membres du parlement et les représentants des différents partis se cognent dessus … Dernière phrase clash : les écossais nationalistes qui traitent un dirigeant anglais de sage femme du Brexit.  On marche sur la tête. Les représentants d’un pays qui se disputent comme dans une cours de récréation !

 Le royaume uni fabrique les ailes … que se passera-t-il pour airbus si ses avions n’ont plus d’ailes ?

On demande à droite et à gauche ce que chacun pense. Tout le monde semblent être dans le flou ou au contraire très « pour » ou « contre » et on n’y pige pas grand chose.  Deal / No Deal / Back Stop … Ces trois expressions sont sur toutes les lèvres. Il y a un mois, j’avais demandé à mes élèves de me faire un résumé clair de la situation, personne n’avait réussi. J’avais été bien déçue mais en fait c’est que personne n’y pigeait rien … La preuve dans ce regroupement d’article envoyé par un ami suite à mon incompréhension :

https://www.bbc.co.uk/news/uk-politics-46208764

Les mots-clés qui en ressortent

« it’s not clear « … « What is still slightly unclear is whether there would be some degree of checks on certain types of goods » … « Similarly, we still don’t know what role EU academics will be able to play »… « But details of these arrangements and about likely rules  are yet to come »… « it is not clear how many will decide » …

Accompagnés de may / would / could utilisés à grandes échelles dans cette réunion d’articles qui synthétisent l’incertitude générale du pays, de ses journalistes et de ses politiques.

Quand je conduis, j’écoute BBC4. Seb lui est plutôt branché sur BBC3 Country Radio 3. On en entend de toutes les couleurs. Hier soir, le parlement avait écrit aux plus grandes entreprises pour se préparer au pire. Qu’est ce que cela veut-il vraiment dire ? Prochaine étape l’Angleterre coulera comme le Vénézuela ? Quelle prochaine direction ?

Dans ce petit tour d’horizon de ce qui nous entoure : articles, interview, journaux, lettres, études, il y a eu ce magnifique poème écrit par un ami :

I’m fed up with Brexit, I have been for a while.
If it weren’t so serious I’d be inclined to smile.
With xenophobic claptrap from the looney right.
Little Englanders who hate a foreigner on sight!
Then there’s politicians lying through their teeth!
You wonder what agenda they have underneath?
Some of them are ultra rich and haven’t got a care.
With money safe in Monaco or who the hell knows where!
At least they’re in the open spouting forth their bile
What about the ones who knife you while they smile?
We had a vote two years ago based on lots of lies
It divides the nation – there’s a big surprise!
We’re living in cloud cuckoo land if we think we’ll be OK
With leaving, or with staying, we’re divided either way.
Have a bit of decency. There’s different points of view.
Please respect each other, that’s all that we can do!
Whoever wins the argument we have to live together
And with a bit of give and take we’ll beat the stormy weather!

Même un nouveau référendum ou/et une décision de rester dans l’Union Européenne ne résoudraient pas le problème. Le pays est désormais divisé et il n’y aura pas de gagnants et de perdants… tout le monde sera perdant !

On ne sait toujours pas que penser … une étude a été menée parmi les français de l’île… Intéressant. Oui, cela reprend bien le sentiment général il me semble ainsi que l’article de Justine Hugues qui reflète bien le sentiment qui pourrait m’habiter … Entre craintes et attentisme

Quelles sont les inquiétudes des Français expatriés au Royaume-Uni à J-134 de l’échéance ? Où et comment envisagent-ils leur avenir post Brexit ? Protection sociale, fiscalité, équivalence des diplômes, avenir professionnel : tour d’horizon des conséquences potentielles du divorce, grâce aux experts présents sur le salon des 24h de l’international à Paris. 

La suite … ici

En Novembre, le Sénateur des Français établis hors de France, Olivier Cadic nous a envoyé cet email :

Infolettre aux Français du Royaume-Uni – Novembre 2018 (n°40)
SPECIAL BREXIT – Le Remain, sinon rien

Madame, monsieur, chers compatriotes établis au Royaume-Uni,
Ce serait donc May ou le chaos. Il aura fallu deux ans, quatre mois et vingt-deux jours pour que la Première ministre britannique exprime ce que Brexit signifie… pour elle.

Résultat : les ministres démissionnent en rafale, les parlementaires fulminent et les représentants de the3million et British in Europe, soit les 5 millions de personnes intimement concernées par la rupture avec l’UE, s’indignent.

On constate à la lecture du projet que les problèmes irréductibles ont été délocalisés dans le futur. Il faut saluer l’habileté des diplomates des deux bords pour avoir accouché d’une situation qui se résume à « je sors… en même temps que je reste ».

Par conséquent, la seule alternative à l’abime du no-deal serait une sorte d’état stationnaire, provisoire certes, mais bien parti pour durer. Bref, on choisirait sciemment de se complaire dans l’incertitude, faute de mieux. Est-ce une approche raisonnable ?

Les propos du député Jacob Rees-Mogg ont frappé les sénateurs de la commission Brexit qui s’était rendue à Westminster, en juillet dernier. Ce partisan d’un Brexit dur a renforcé chacun dans l’idée qu’il fallait se préparer au pire des scénarios. Il y a deux semaines, le Sénat a voté sans difficulté une loi habilitant le gouvernement à réagir immédiatement par ordonnances, en cas de sortie du Royaume-Uni sans accord avec l’UE.

Lors des débats, je suis intervenu dans l’hémicycle pour rappeler que notre priorité devait être de garantir les droits des Européens vivant au Royaume-Uni et des Britanniques installés dans l’UE. Cela étant, je répète à l’envi que le meilleur accord pour le Royaume-Uni serait de rester dans l’UE, comme lors de mon intervention à Westminster, le 5 novembre dernier, à l’occasion du lobby citoyen intitulé « The last mile ».

Est-ce encore imaginable ? Des études d’opinion montrent que l’Irlande du nord, l’Ecosse et le Pays de Galles sont désormais majoritairement hostiles à une séparation de l’UE. Et puis, 877 jours après le référendum, par la voix de Theresa May, les Britanniques ont enfin découvert ce que le Brexit pourrait signifier. Considérant l’importance de l’enjeu, il me semblerait légitime que les citoyens britanniques puissent décider de leur destin, en connaissance de cause dorénavant. Démocratiquement, le dernier mot devrait leur revenir.

Je vais même plus loin : dans le cadre d’un second référendum, je plaide pour que l’on prenne en compte l’avis des Européens résidant au Royaume-Uni, ainsi que celui des Britanniques, sans exception cette fois, qui vivent en Europe.

A J-129 de l’échéance, je reste convaincu que le Brexit n’est pas inéluctable.

Fidèlement,

Olivier Cadic.

 

 

Accompagné de cette lettre, un lien avec les reportages et articles à propos des actions menés par notre « représentant ». Sa plus grande inquiétude, comme beaucoup ici : le cas de l’Irlande. Que vont devenir ses frontières, les douanes, les réinsertion d’une partie ??? Tant de points d’interrogations qui sont regroupés dans la notion du  « back stop ». Le gros problème, en effet, en plus du « no deal » semble être le « back stop », c’est-à-dire les mesures qui s’appliqueront faute d’accord pour le commerce et les échanges en tous genres en Irlande surtout … et avant la fin de la « transition period » . Tout le monde espère que le « back stop »  ne sera pas nécessaire  parce que les accords suffisants seront trouvés à temps. RIEN N’EST MOINS SUR en voyant l’horloge qui tourne inexorablement.

 

3 commentaires Ajoutez le votre

  1. Mike Cashman dit :

    Y at-il un politicien dans cette situation qui peut honnêtement dire « je ne regrette rien? »

  2. Mike Cashman dit :

    Mais y a-t-il un politicien dans la situation actuelle qui puisse dire honnêtement « je ne regrette rien »

    1. Mike, can you read it all in French ?

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